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Guéguerre Mohamed Bazoum-Hassoumi Massoudou : Hassoumi Massoudou sur le point de rebondir avec force

Une guéguerre dans laquelle le Président Issoufou Mahamadou a dû s’impliquer en prenant parti pour le second alors que de nombreux pontes du parti accordaient plutôt leurs préférences au premier. C’est que le …2019, dans un empressement qui en dit long sur la nécessité de trancher l’affaire de la manière la plus radicale, un congrès d’investiture s’est tenu et a investi Mohamed Bazoum comme le candidat officiel du parti dans la course à la succession d’Issoufou Mahamadou. Dès lors, on a cru le chapitre clos, surtout que Hassoumi Massoudou a été, entre-temps, considérablement affaibli pour continuer la lutte. Le …, bien avant l’investiture de Mohamed Bazoum, il a été sèchement limogé alors qu’il se trouvait à Maradi, en mission. Mais, après une traversée du désert de quelques mois, Hassoumi est réhébilité par le Président Issoufou qui le nomme ministre d’Etat à la présidence sans portefeuille. Un poste que Bazoum a occupé entre 2015 et 2016 et qui remet, à nouveau, en selle celui que de nombreux militants du Pnds considèrent comme la matière grise du parti.

Revenu en force au sommet de l’Etat où il lui est arrivé d’assurer l’intérim du Premier ministre, Hassoumi Massoudou s’est fait longtemps oublier, restant très discret sur les affaires de l’Etat. Au point où des voix ont estimé qu’il a été parqué au garage. Puis, le temps passe et l’on s’approche des échéances électorales. Alors que des voix s’élè- vent de plus en plus au sein du Pnds pour contester l’investiture de Bazoum, Hassoumi, lui, fourbit ses armes. Tranquillement, loin du brouhaha de viles et vaines confrontations, l’ancien directeur de Cabinet du Président Issoufou affûte ses stratégies, creuse en douce le tunnel qui lui permettra d’inverser la situation en sa faveur. Ce travail, il semble l’avoir mené avec intelligence et professionnalisme, sans soulever la moindre tempête au sein du parti. Cependant, les résultats sont au rendezvous.

Un certain Aghali Hamza, n’est nullement passé par quatre chemins pour écrire sur les réseaux sociaux que Mohamed Bazoum ne peut que les conduire à la honte.

Si Mohamed Bazoum reste toujours le candidat officiel du Pnds pour la présidentielle prochaine, il est toutefois habitué, de plus en plus d’ailleurs, par des doutes et des inquiétudes. Hassoumi Massoudou ne réclame rien, mais il est présenté au sein du parti comme celui qui pourrait garantir les chances du Pnds. En d’autres termes, il y a des voix qui parlent pour lui, le défendent et le présentent comme l’alternative la plus crédible. Certains, à l’instar d’un certain Aghali Hamza, n’est nullement passé par quatre chemins pour écrire sur les réseaux sociaux que Mohamed Bazoum ne peut que les conduire à la honte. Mais, Aghali Hamza est loin d’être isolé. Il est, si l’on s’en tient à la publicité offensive qui est faite sur les réseaux sociaux autour de la personne de Hassoumi, un porte-voix d’un groupe pour discréditer la candidature de Mohamed Bazoum.

Le candidat officiel du Pnds traverse des moments difficiles, partagé entre doutes et inquiétudes.

Outre la guerre larvée qui est faite à Mohamed Bazoum dans les rangs de son propre parti, le président du Pnds essuie également les attaques d’une certaine opinion publique décidée à lui appliquer la loi de Talion. Artisan farouche de l’expulsion du journaliste Baba Alpha du Niger en direction du Mali, Bazoum se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins avec l’article 147 de la Constitution brandi à son encontre sur les réseaux sociaux. L’article en question parle de « Nigérien de nationalité d’origine » pour prétendre à la magistrature suprême. Accusé d’être arrivé au Niger à un âge problématique, le président du Pnds vit le sacerdoce dans le silence. Les attaques viennentelles d’autres que ses propres partisans ou sont-elles inspirées et soutenues par les mêmes commanditaires tapis au sein du Pnds ? On ne saurait trancher la question tout de suite. Toujours est-il que le candidat officiel du Pnds traverse des moments difficiles, partagé entre doutes et inquiétudes. Non seulement on le dit avoir perdu le soutien ferme de celui qui l’a adoubé dans la course à l’investiture du parti, mais il n’a pas l’assurance que les partis alliés vont lui faire la même faveur qu’à Issoufou Mahamadou en le soutenant dès le premier tour.

Il ne reste qu’une voie pour l’ancien dircab d’Issoufou, celle de la rébellion pour s’aligner comme candidat indépendant sur la ligne de départ ou créer son parti politique.

Hassoumi Massoudou joue-t-il à tirer discrètement profit de la situation ? Sans pouvoir l’accuser d’être responsable de la chienlit qui a cours au sein du parti et qui fait les malheurs de Bazoum, Hassoumi savoure toutefois l’évolution des choses. A-t-il tout de même la moindre chance d’inverser la tendance en sa faveur ? Le Pnds, assurément, se trouve dans une situation complexe. Il est difficile d’imaginer le parti, à nouveau, aller vers un congrès extraordinaire pour détrôner Bazoum au profit d’un Hassoumi. Il ne reste qu’une voie pour l’ancien dircab d’Issoufou, celle de la rébellion pour s’aligner comme candidat indépendant sur la ligne de départ ou créer son parti politique. Une éventualité difficile à explorer puisqu’il s’enlève ainsi la reconnaissance et les soutiens du parti. C’est pourtant le recours auquel le militant Aghali Hamza dit qu’on risque de les obliger si l’on persiste à maintenir la candidature de Mohamed Bazoum.

Hassoumi Massoudou auraitt- il, depuis son retour au sommet de l’Etat, le soutien d’Issoufou Mahamadou ?

Hassoumi Massoudou, des rumeurs l’ont laissé croire pendant un bon moment, serait sur un projet de création de parti. Une carte qu’il se réserverait au cas où il n’y a rien à faire pour s’imposer au sein du parti malgré ses soutiens, nombreux au sein du parti. Quoi qu’il en soit, l’homme, assure-t-on, n’a pas laissé tomber son ambition de briguer la magistrature suprême. Aurait-t-il, depuis son retour au sommet de l’Etat, le soutien d’Issoufou Mahamadou ? S’il crée ce parti politique tant chanté pour pouvoir être candidat, Hassoumi va sans doute flouer les chances de Bazoum, les prédictions lui donnant pas moins de 40% des soutiens du parti. Va-t-il aller jusque-là pour assouvir ses ambitions politiques ? Nul ne saurait le dire pour le moment. Pourtant, les choses pressent. Dans sept mois, c’est le premier tour de la présidentielle. Et Hassoumi est toujours en roue libre, sans aucune certitude en mains.

Doudou Amadou

24 mai 2020
Source : Le Canard En Furie

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